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18 mai 2017

La miséricorde envers les animaux en Islam : éthique et consommation

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Introduction

Il y a de cela mille quatre cent ans, longtemps avant l’émergence du mouvement de défense des droits des animaux, l’islam exigeait déjà que les animaux soient traités avec bonté.
Or depuis une cinquantaine d’année, l’agriculture s’est industrialisée. L’homme habite en ville et n’a plus de contact avec les animaux d’élevage. L’élevage et la mise à mort des animaux sont devenues industrielles, tandis que le halal est devenu un label et un marché juteux. On mange trois fois plus de viande qu’il y a 50 ans, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement et pour le bien-être animal. De plus de nombreux gouvernements imposent l’interdiction de l’abattage sans étourdissement.

Les animaux dans le Coran et la Sunna

Il y a 1438 ans, Allah exalté soit il a légiféré sur le statut des animaux comme il la fait de toutes choses.
La miséricorde d’Allah s’étend à toutes ses créatures et pas uniquement aux êtres humains. Allah, dans le Saint Coran, nous explique en quel but il a créé les animaux et insiste sur la protection des animaux et interdit formellement toute forme de cruauté envers eux. Allah nous a exposé dans quelles conditions strictes nous pouvions consommer des animaux. Notre bien aimé Prophète Muhammad Sala Allahou Alayhi Wa Salam, dont Aïcha a dit qu’il était comme un Coran marchant sur la terre, nous a montré la voix en nous enjoignant à faire preuve de miséricorde et de compassion envers les animaux.
Voyons, ce qu’Allah nous dit des animaux dans le Coran, comment le Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam se conduisait lui-même dans les hadiths, comment nous sommes autorisés à tuer les animaux pour en consommer la viande, avant de faire le point sur la situation actuelle.
Le Coran nous informe sur le fait que les animaux sont des communautés comme nous. Et cela ne peut que nous pousser à avoir de la compassion envers eux.
 » Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté. Nous n’avons rien omis d’écrire dans le Livre. Puis, c’est vers leur Seigneur qu’ils seront ramenés « . (Coran 6:38)
Dans ce verset, Allah azawajel nous informe que les animaux sont comme nous membre d’une communauté. Un animal est le fils de quelqu’un, le frère de quelqu’un ou le père de quelqu’un. Tout est écrit dans le Livre, Allah connait chacune de ces créatures. Ce verset nous invite à respecter les animaux autant que les humains
Allah nous explique pourquoi il a créé les animaux :
 » Vous avez certes dans les bestiaux, un sujet de méditation. Nous vous donnons à boire de ce qu’ils ont dans le ventre [le lait], et vous y trouvez également maintes utilités [la viande, la laine, la fourrure, le transport] ; et vous vous en nourrissez. Sur eux ainsi que sur des vaisseaux vous êtes transportés ». (Coran 23:21-22)
 » Et les bestiaux, Il les a créés pour vous ; vous en retirez des [vêtements] chauds ainsi que d’autres profits [la boisson, la nourriture]. Et vous en mangez aussi « . (Coran 16:5)
Ces versets démontrent bien que les animaux ont été créés afin que l’Homme en tire profit, qu’il puisse en disposer à la fois pour se nourrir, se vêtir et se déplacer. C’est pour cela qu’il doit absolument remercier Allah pour ces bienfaits. Si Allah nous autorise à utiliser ces animaux qui sont décrits comme des personnes au verset 38 de la sourate 6 comme des personnes, membres de communauté, c’est uniquement sous des conditions très strictes.
Aussi si Allah nous a autorisés à consommer la chair des animaux, il faut que cela se passe dans le plus grand respect de l’âme que l’on prend pour se nourrir.
Allah nous dit comment consommer les animaux et ce qui autorisé de consommer, nous reviendront plus loin sur l’égorgement.
«Voici ce qui vous est interdit: la bête morte, le sang, la viande de porc; ce qui a été immolé à un autre que Dieu; la bête étouffée, ou morte à la suite d’un coup, ou morte d’une chute, ou morte d’un coup de corne, ou celle qu’un fauve a dévorée – sauf si vous avez eu le temps de l’égorger – ou celle qui a été immolée sur des pierres» (Sourate: La Table Servie, 3).
Le Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam a dit: « Allah est doux et Il aime la douceur en toute chose ». Allah nous recommande la douceur avec toutes les créatures, hommes comme animaux et plantes.
L’Islam interdit formellement la maltraitance et les traitements inhumains sur les animaux!
Selon Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée), le Messager d’Allah (saws) vit une fois un âne marqué au fer sur le visage et dit :  » Qu’Allah maudisse celui qui l’a marqué « . (Rapporté par Mouslim)
Abou Mass’oûd (qu’Allah l’agrée) a dit : Alors que nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (saws), il s’en alla faire ses besoins. Nous vîmes alors un oiseau avec ses deux petits. Nous prîmes les deux oisillons et leur mère se mit à battre des ailes au ras du sol. A ce moment arriva le Prophète (saws) et dit : » Qui a fait de la peine à cet oiseau en lui prenant ses petits ? Rendez-lui ses petits ! » (Rapporté par Abû Dâwûd et Ahmad)
Le Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam vit aussi une colonie de fourmis que nous avions brûlée. Il dit : «  Qui a brûlé cette colonie ? « . Nous dîmes :  » C’est nous « . Il dit :  » Il n’appartient qu’au Maître du Feu [Allah] de châtier par le feu « . (Rapporté par Abû Dâwûd et Ahmad)
Si l’Islam autorise la chasse, il considère le fait de tuer un animal sans raison comme un péché énorme.
Selon Ibn ‘Omar (qu’Allah les agrée) le Messager d’Allah (saws) a dit :  » Il n’est pas une personne qui tue un animal, ne serait-ce un oiseau, de manière illégitime, sans qu’il ne soit interrogé par Allah Glorifié à son sujet « . Ils dirent :  » Par quelle légitimité est-il permis de le tuer ? «  Il dit :  » L’égorger pour le manger et non le tuer pour le jeter « . (Rapporté par Nassâ’i et Hâkim). Aussi, parmi ceux que le Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam a maudits, il y a celui qui prend pour cible par jeu ce qui est doté d’une âme.
La bienfaisance envers les animaux n’est pas juste conditionnée aux profits que l’Homme peut en tirer mais c’est d’abord une règle religieuse que le Musulman applique, une règle qui s’il la pratique peut le conduire au paradis. Ou en enfer.
Beaucoup de paroles prophétiques vont dans ce sens, dont ce hadith:
Selon Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (saws) a dit : «  Alors qu’un homme marchait sur une route, voilà qu’il ressentit une grande soif. Il trouva alors un puits, y descendit et but. En remontant, il vit un chien haletant et léchant la terre humide, tellement il avait soif. L’homme se dit :  » Ce chien souffre de la soif autant que j’en souffrais moi-même « . Il redescendit dans le puits, remplit sa chaussure, la tint avec ses dents et remonta. Il en abreuva le chien et Allah loua son acte et lui pardonna ses péchés « . Ils dirent :  » Ô Messager d’Allah ! Avons-nous une récompense pour nos bonnes actions envers les animaux ? « . Il dit :  » Pour celui qui fait du bien à toute créature vivante, il y a une récompense « .
Inversement, si un Homme fait du mal ou est injuste envers un animal, il en rendra compte à Allah le très Haut comme c’est stipulé dans ce hadith authentique rapporté par l’imam Mouslim, le Messager d’Allah (saws) a dit : » Une femme fût châtiée et jetée en Enfer à cause d’une chatte qu’elle avait attachée jusqu’à la mort, elle ne lui donnait ni à boire ni à manger, et ne l’a laissée pas libre de se nourrir des bestioles de la terre « . (Rapporté par Boukhâri et Mouslim)

L’abattage islamique

Le Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam a dit: « Craignez Allah vis-à-vis de ces bestiaux qui ne parlent pas, utilisez-les comme montures en prenant soin d’eux et mangez-les également en prenant soin d’eux. » (rapporté par Ibn Khuzaïma).
Lors de l’abattage d’un animal, il est interdit de le brutaliser pour l’emmener au lieu de son sacrifice, comme par exemple le tirer par les pattes pour le déplacer.
Il est rapporté par Abdur-Razzâq, qu’Ibn Umar, qu’Allah les agrée, lui et son père, a vu un homme en train de tirer une brebis par la patte afin de l’égorger. Il lui dit : «Malheur à toi : tu l’emmènes à la mort, fais-le donc convenablement. »
Dans le Sahîh Muslim, le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a dit dans un hadith « Certes, Allah a prescrit la bienfaisance dans toutes choses. Si vous tuez, tuez bien et si vous égorgez, égorgez bien. Que chacun de vous aiguise bien son couteau et traite bien la bête sacrifiée. » Il est interdit de montrer le couteau à la bête, ou de l’aiguiser devant elle ni qu’elle voit le sang, les corps d’autres bêtes ou des bêtes agonisantes.
Pourquoi doit-on égorger les animaux que nous mangeons?
Si Allah nous permet de consommer des animaux, il faut pour cela les tuer. Quelque soit la méthode, la mort est toujours la mort et est un moment pénible à passer. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui- dit : « Craignez Allah vis-à-vis de ces bestiaux qui ne parlent pas, utilisez-les comme montures en prenant soin d’eux et mangez-les également en prenant soin d’eux. » (rapporté par Ibn Khuzaïma).
Alors pourquoi égorger? Que se passe t-il quand on égorge un animal à vif? Une hémorragie massive touche l’animal, causant une chute de tension artérielle. En réaction à cette chute de tension massive, le corps compense en augmentant le rythme cardiaque, ce qui a pour effet d’accélérer l’hémorragie. Le corps se vide de sang très rapidement et l’animal perd conscience très rapidement et meurt. Le stress de l’hémorragie massive cause la production de catécholamines, hormones de stress proche des opiacées, anesthésiant la douleur de l’animal. Ces molécules présentes dans le sang sont heureusement éliminées lors de l’exsanguination de l’animal.
L’égorgement est en vérité la méthode de mise à mort la plus rapide qui existe, si il est bien exécuté.
Les animaux sont beaucoup plus soumis à Allah que nous. Si nous leur récitons le nom d’Allah avant et après l’égorgement, l’animal se soumet à Allah, il est préparé à mourir pour nous nourrir. Si on continue à lui réciter le nom d’Allah, il mourra paisiblement comme si il s’endormait, mais c’est malheureusement très peu pratiqué de nos jours.

La situation de nos jours, l’industrialisation de l’élevage

Depuis les années 50, l’élevage est devenu industriel. Nous mangeons trois fois plus de viande qu’il y a cinquante ans et nous élevons cinq fois plus d’animaux qu’avant. La viande est devenue bon marché et nous pouvons en consommer à tous les repas, mais à quel prix?
L’agriculture industrielle du maïs et du soja subsidiées par les gouvernements américains et européens fournit des quantités phénoménales de fourrages à très bas prix. C’est ce qui a permis de nourrir les millions d’animaux des parcs dans des d’engraissement et les fermes industrielles, mais au prix de la destruction de l’environnement par les pesticides et des engrais chimiques et industriels. Il s’agit de plus en plus de maïs OGM des USA et du soja OGM d’Amérique du Sud. On a détruit la forêt amazonienne, détruit l’environnement, souvent chassé les Indiens et les petits paysans pour planter ce soja. Ces OGM sont conçus pour résister aux herbicides totaux dont les champs sont aspergés en masse.
L’élevage est devenu une science dont le but est de faire grossir l’animal le plus vite possible au moindre coût pour obtenir plus de viande, ou produire le plus de lait et d’œufs possible. Dans cette perspective l’animal n’est pas traité comme un être à part entière mais comme une masse protoplasmique sans âme dont seule la rentabilité compte. Il ne faut pas s’étonner que l’on donne des farines animales aux animaux en plus des céréales OGM pour un meilleur rendement.
Les animaux sont traités comme des objets avec une logique digne des camps nazis. Il n’y a aucune pitié pour les faibles et les inutiles, enfin ceux que l’industrie avec sa logique de rendement considère comme telle. Ainsi les poussins mâles improductifs car ne pondant pas d’œufs seront broyés vivants pour faire des nuggets, de l’engrais ou des farines animales. Les animaux sont rentabilisés au maximum à chaque instant de leur existence de misère. Il n’y a pas de petits profits.
Ainsi le sort des poulets est emblématique. Ils sont élevés hors sol et ne voient jamais le jour dans de véritables camps de concentration pour volaille. Leur croissance est si rapide que bien souvent ils ne peuvent supporter leur propre poids. Stressées, malades, forcées de vivre dans leurs excréments, elles sont bourrées d’antibiotiques. Les poules pondeuses sont forcées de pondre à des cadences infernales et quand elles sont trop vieilles finissent à l’abattoir comme les poulets de chair. Le sort des dindes et des canards ne vaut guère mieux.
La filière bovine ne vaut pas beaucoup mieux. La viande la moins chère étant souvent celle de vieilles vaches laitières réformées qui une fois vidées sont envoyées à l’abattoir pour faire de la viande hachée.
D’une manière générale, les animaux sont maltraités et stressés. Malades ils sont aussi très souvent bourrés d’antibiotiques. Leur chair et les sous-produits animaux sont aussi contaminés aux pesticides des fourrages avec lesquels ils sont nourris, sans que l’impact de ces pesticides n’aient été réellement évalué.
Les nombreux scandales jettent aussi le doute sur l’industrie alimentaire, comme le scandale des farines animales, ou plus récemment le scandale des lasagnes au cheval.

L’abattage industriel

Si, il n’y a pas de compassion dans l’élevage industriel, il y en a encore moins dans leur mort. Le but encore une fois est le rendement et la production, aussi tout doit aller vite. Trois millions d’animaux sont abattus quotidiennement en France. Passons les détails sordides du transport et de la maltraitance des animaux à leur arrivée dans des abattoirs.
Les animaux sont étourdis avant la saignée. Le terme étourdissement parait doux mais c’est loin d’être une anesthésie ou une péridurale. C’est une méthode de mise à mort, en aucun cas une miséricorde. Les gros animaux comme les bovins ont leur crâne défoncé par un pistolet tirant une tige de métal, tandis que les petits animaux comme les ovins ou la volaille sont électrocutés. Dans les deux cas, le cerveau est détruit, les deux méthodes provoquant une violente hémorragie cérébrale. L’animal est soit tué directement, soit, il est assommé et incapable de réagir.
C’est ce qui permet, de tuer les animaux à la chaine et de les découper sans attendre. Le temps, c’est de l’argent.
Ce que nous avons décrit dans l’abattage islamique ne se produit pas en cas d’étourdissement, ou d’électrocution de l’animal. Celui-ci meurt plus lentement et même si il est étourdi, la mort prend plus de temps. Inconscient ou semi inconscient, incapable de réagir efficacement, l’animal ressent la douleur et souffre même selon l’avis de neurologues.
L’animal ne se vide pas bien de son sang, causant une mort lente. Il y a de nombreux cas, d’animaux qui continuent à se débattre après avoir été égorgés après étourdissement et qui sont découpés vivants. . Les cathécolamines, hormones de stress restent dans le corps plus longtemps, il est nécessaire d’aspirer le sang dans le corps de l’animal avec des pompes. Mais si le sang reste dans la viande, la carcasse pèse plus cher et rapporte plus.

Le secteur halal

Les boucheries halal en Europe se fournissent généralement chez les mêmes éleveurs que leurs collègues non musulmans. Ces bêtes proviennent des élevages industriels, ont été nourris avec la même nourriture industrielle, pressés comme des citrons et souvent aussi maltraités que les autres. Aussi si le poulet halal est souvent le meilleur marché, c’est parcequ’il vient des élevages industriels en batterie. Le bœuf est souvent une vache laitière en fin de vie, ce qui permet des steaks halal défiant toute concurrence.
Quand on sait que notre Prophète sala Allahou alayhi Wa Salam nous a demandé de traiter les animaux avec miséricorde, peut=on appeler halal la viande d’un animal qui a été maltraité toute sa vie ? Certes l’animal est égorgé au nom d’Allah, rendant sa viande consommable pour les musulmans, mais en achetant ce type de viande, nous nous rendons complices de ce système basé sur les abus des animaux et de la nature.
Il y a aussi tout un halal industriel, mais qui est comme toute la nourriture industrielle, un produit où seul prime le rendement. Ces produits sont souvent aussi pleins d’additifs comme leurs équivalents non halal, quand il ne s’agit pas de déchets de viande (viande séparée mécaniquement). Souvent les bêtes sont tuées à la chaine dans des abattoirs industriels, parfois aussi avec étourdissement. Le halal est juste devenu une marque vidée de son sens. N’y a-t-il pas du vin et de la bière halal aussi.
L’imposition de l’abattage avec étourdissement, si il s’agit d’une mesure discriminatoire à l’égard des communautés musulmanes et juives et est une stigmatisation supplémentaire des musulmans, va en réalité dans le sens de l’industrie.
Il permet de cadences d’abattage élevées et un rendement maximum, afin de fournir toujours plus de viande bon marché. Nous l’avons vu, le mot étourdissement est trompeur, c’est une méthode d’assommage ou de mise à mort et ce n’est pas une miséricorde pour l’animal. Il n’apparait que comme une miséricorde qu’aux seuls yeux des non musulmans qui n’ont jamais été confrontés à la mort d’un animal. Allah interdit la viande de la bête morte, assommée ou étouffée. Ce type d’abattage n’est pas conforme à l’ordre d’Allah.
Ceci dit, beaucoup de musulmans ne traitent pas non plus les animaux comme ils le devraient et ne tuent pas les animaux comme le demande la sunna. Nous sommes de plus de grands consommateurs de viande.

Une alternative est-elle possible ?

Vers une consommation de viande éthique et véritablement halal
«Allâh ne modifie pas un bienfait dont Il a gratifié un peuple avant que celui ci ne change ce qui est en lui-même.» (Sourate Al Anfâl verset 53)
«En vérité, Allâh ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les gens le composant ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes» (Sourate Ar Ra’d verset 11)
Dans le Coran, Allah azawajel dit souvent Ô vous les doués d’intelligence et nous invite à lire, à nous informer et à réfléchir.
Allah nous a donné la terre comme demeure avec toutes ses ressources. Alors que le Coran et la Sunna vont dans le sens d’un développement durable, l’homme aveuglé par le matérialisme, dans sa quête du progrès et du profit sans limite, détruit la planète.
Le monde souffre de la surconsommation de viande, et des dérives de l’industrie agroalimentaire. Les forêts tropicales sont ravagées pour être remplacées par des cultures d’ogm aspergées d’engrais et de pesticides, empoisonnant l’environnement, les rivières, les nappes phréatiques sont polluées par les effluents de l’élevage, pire des millions de personnes sont privées de terre et affamées pour qu’une partie de la population mondiale puisse manger de la viande à tous les repas. Des millions d’animaux meurent à des cadences infernales et mènent des vies de souffrance dans les usines de monde de l’industrie alimentaire.
Acheter les produits de cette industrie et manger de la viande industrielle, c’est cautionner ce système. Nous aurons des comptes à rendre devant Allah.
Or rien de ce modèle de consommation ne correspond à la mise en œuvre du coran et de la sunna, bien au contraire. Les non musulmans pour certains en sont plus proches que nous. Ils tournent le dos à l’industrie alimentaire, développent la permaculture, des groupes d’achats de légumes bio et réduisent ou arrêtent leur consommation de viande. Ils font aussi des groupes de production de légumes à donner.
«Il se peut que vous détestiez quelque chose alors que c’est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est néfaste. C’est Allâh qui sait, alors que vous ne savez pas.» (Sourate Al Baqarah verset 216)
L’imposition de l’étourdissement est un mal pour la communauté mais derrière peut se cacher un bien. Ainsi il faut se réformer et revenir à la sunna dans notre vie quotidienne concernant le respect de la nature et des animaux. Il faut revenir au vrai sens du halal.
Pour nous, la solution passe par la diminution de la consommation de viande et le boycott de la viande industrielle. Il passe aussi par la création de coopératives de petits élevages et de production locale de légumes bio au niveau local. Il passe aussi par le lien avec les petits éleveurs et producteurs locaux non musulmans dont les revenus. Le développement du commerce de produits bio et locaux est un secteur d’avenir et en plein essor. Développons nos initiatives locales, nos potagers et élevages communautaires. Développons des labels halal et éthiques, respectant l’animal tout au cours de sa vie. S’approprier nos propres outils de production alimentaire nous permettra l’autonomie, de ne plus dépendre des industriels et de pouvoir aussi nourrir les pauvres. Dans une perspective de décroissance économique, l’autosuffisance alimentaire est un enjeu crucial.
Si nos voix ne sont pas écoutées par la politique, nos euros eux comptent. Notre consommation est importante et le pouvoir d’achat des communautés musulmanes européennes a augmenté avec l’apparition d’une véritable classe moyenne. Par nos achats nous pouvons décider le type de société nous voulons et des produits que nous voulons consommer.
Ne laissons pas la défense des animaux entre les mains des seuls athées pour qui la religion est le mal absolu, c’est une sunna que nous avons délaissée. Suivons les pas du Prophète Sala Allahou Alayhi Wa Salam et créons notre propre organisme de défense des animaux. Œuvrons pour un développement durable et un monde meilleur. Montrons l’exemple, soyons par notre comportement une lumière pour l’humanité.

L’équipe EcoMuslim

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